« Celui qui croit que la croissance peut être infinie dans un monde fini est soit un fou, soit un économiste », disait Kenneth Boulding.

Kate Raworth, économiste anglaise, n’est pas de ceux-là. Elle prône au contraire une économie du 21ème siècle qui navigue entre deux frontières: le plafond environnemental (synonyme de justice environnementale) et le plafond social (synonyme de justice sociale).

Les actions humaines (entreprises, villes, Etat, etc) oscillent entre ces frontières, pour trouver un équilibre. Cet espace sécurisé est matérialisé par le centre du donut, en vert (le « safe space »).

L’économie de demain c’est trouver l’équilibre à l’intérieur du donut : entre frontières sociale et environnementale

Le plafond social

L’objectif est de garantir à chacun des conditions de vie qui satisfont les besoins essentiels. Les fondements sociaux s’inspirent des objectifs de développement durable des Nations Unies, garantissant pour tous un accès de qualité à :

  • L’alimentation
  • La santé
  • L’éducation
  • Le salaire et le travail (ce dernier ne se limite pas à l’emploi mais comprend également des éléments tels que l’entretien ménager )
  • La paix et la justice
  • L’opinion politique
  • L’égalité sociale
  • L’égalité des sexes
  • Le logement
  • Le capital social
  • L’énergie
  • L’eau

Tout individu n’ayant pas accès à ces minima vit dans le trou du donut

Le plafond social est inspiré de plusieurs des 17 Objectifs pour le Développement Durable des Nations Unies

Le plafond environnemental

L’objectif est de limiter la pression sur les systèmes qui soutiennent la vie sur Terre. Les neuf plafonds écologiques proviennent des limites planétaires avancées par un groupe de scientifiques du système terrestre dirigé par Johan Rockström et Will Steffen:

  • Changement climatique (hausse des températures de l’air et des catastrophes naturelles)
  • Acidification des océans (due à la sur-concentration en CO2 de l’air)
  • Pollution chimique (rejets toxiques qui polluent air, eau et sols)
  • Charge d’azote et de phosphore (issus de l’agriculture, et néfaste à la vie marine)
  • La consommation d’eau douce (amenant l’assèchement des sources)
  • Conversion des terres (artificialisation des sols)
  • Perte de biodiversité -(les activités économiques actuelles détruisent les habitats, refuges de la biodiversité)
  • Pollution de l’air – l’émission d’aérosols (petites particules) a un impact négatif sur la santé des espèces.
  • Appauvrissement de la couche d’ozone  (qui protège la Terre des rayonnements nocifs du soleil)
Werk maken van de Donut Economie | Koppelkerk
Kate Raworth, auteure du best-seller La théorie du donut. L’économie de demain en 7 principes (Plon, 2018)

Le donut pour la stratégie des entreprises

Cet outil, en rendant très clairs les enjeux sociaux et environnementaux du monde actuel, peut les aider dans l’élaboration de la « raison d’être », voir la définition de leur mission et de leur stratégie.

Pour aller plus loin, nous avons traduit un article de Kate Raworth paru sur le site du World Economic Forum en 2018 : https://cyclaconseil.com/traduction-le-donut-boussole-des-entreprises/